Restauration de l'œuvre picturale La scène champêtre de J.B. Huet

24/03/2021

Un tableau de J.B. Huet, spolié par les nazis et en dépôt au musée dans l'attente de restitution aux descendants des propriétaires légitimes, vient d'être restaurée à l'atelier de restauration de Niort.

Une oeuvre spoliée par les nazis en dépôt au musée

Ce tableau représente une scène du quotidien : sur la droite du tableau, une femme vend les produits de son labeur au marché. Elle discute avec une cliente et son enfant. Au premier plan, des animaux de la ferme (volailles, ovins, bovins) apportent une touche champêtre à la toile et nous plongent dans la vie paysanne. Les éléments architecturaux encadrant cette scène bucolique rappellent l’Antiquité.

 Cette huile sur toile peinte par Jean-Baptiste Huet en 1798 est aussi intitulée La Ferme, ou Départ pour le marché. Une aquarelle, crayon avec encre et rehaut de craie a été réalisée en 1797-1798 par J.B. Huet et conservée au National Gallery Washington.

 L'œuvre a une histoire mouvementée : achetée en 1942 par le Kaiser-Wilhelm Museum de Krefeld, elle est rapatriée en France en 1948. Le tableau est attribué au musée du Louvre par l’Office des Biens et Intérêts Privés en 1950 et déposé au musée des Beaux-arts de Niort en 1952.

Ce tableau fait partie des MNR (Musées Nationaux de Récupération). Leurs collections réunissent un peu plus de 2000 œuvres récupérées en Allemagne à la fin de la Seconde Guerre mondiale, spoliées par les nazis durant le conflit. Elles sont en dépôt dans différents musées, attendant leur restitution aux descendants des propriétaires légitimes.

La restauration du tableau

L’œuvre a été restaurée à l’atelier de restauration de Niort de décembre 2020 à janvier 2021 par Patrick Buti. Auréoles (dégâts des eaux), craquelures, toile fragilisée, traces maladroites d’une restauration ancienne, mauvais montage sur châssis (présence de punaises), vernis oxydé : une restauration minimaliste était nécessaire pour pouvoir stabiliser l’œuvre avec un objectif uniquement conservatoire. Ont été réalisés : un nettoyage superficiel, une mis en tension du chassis d'origine dépoussiéré avec ajout de deux clés neuves, une reprise des bords du rentoilage et une résorption des déformations.

Chaque marque, étiquette ou inscription doit absolument rester visible. Ces traces sont potentiellement des indices qui pourraient permettre de retracer le parcours de l'œuvre et donc d’identifier les propriétaires légitimes et leurs ayants-droits.