Restaurations

Chaque année, des oeuvres des collections du musée bénéficient d’interventions de restauration.

Le tableau "Oie, coq, poules et paonde" François Desportes (1661-1743), daté de la fin du XVIIe, a retrouvé son cadre restauré du XIXe siècle, transmis par l’Etat en 1895 lors de son dépôt au musée des Beaux-Arts de Niort.

Le cadre, retiré en 2002 pour la réalisation de devis de restauration de l’œuvre picturale, était extrêmement endommagé. Il a fallu redresser la moulure basse, fabriquer de nouvelles clefs, consolider les assemblages et fabriquer une marie-louise en hêtre pour ajuster le cadre à la toile. Deux restaurateurs sont intervenus de 2016 à 2017 : Dominique Chaussat pour la restauration du cadre en bois et Bénédicte Rousselot pour la dorure.

L’œuvre a retrouvé sa place dans les salles d’exposition du 1er étage.

Cinq objets de la collection Piet-Lataudrie

Cinq œuvres appartenant à la section d’art islamique de la collection Piet-Lataudrie ont été sélectionnés par l’Institut National du Patrimoine - département des restaurateurs, afin de servir de support à un travail de recherches et de restauration de fin d’études.

Une élève restauratrice dans la spécialité « Arts du feu », Marie Fays, s’est déplacée au musée Bernard d’Agesci afin d’examiner l’état sanitaire d’objets pour la majorité datables entre le 13e et le 16e siècle. 

Le constat d’état met en évidence un encrassement, la présence de fissures, des déformations, des cassures et soulèvements d’incrustation, de la corrosion, un ternissement de l’argent...

La restauration sera précédée d’un travail d’étude appronfondi. La partie historique sera guidée par Carine Juvin et Annabelle Collinet du musée du Louvre.

Cette restauration, réalisée gracieusement, se déroulera entre l’automne 2017 et l’automne 2018 et fera l’objet d’un suivi décisionnel et d’un accompagnement par le personnel scientifique du musée Bernard d’Agesci.

Portrait de René Caillié par Elisa Leroy

Les collections communautaires conservent deux représentations du célèbre explorateur mauzéen, René Caillié : son buste réalisé en 1852 par Alexandre Oliva et une huile sur toile due à Elisa Leroy. Ce tableau daté de 1839, très altéré, nécessitait des travaux de restauration importants.

L’intervention réalisée par le restaurateur Patrick Buti s’est entièrement déroulée au sein de l’atelier de restauration annexé au musée Bernard d’Agesci, entre mai et septembre 2017.

La toile présentait de fortes déformations avec un réseau de craquelures prononcées très étendu. La partie basse souffrait de déchirures et de conséquentes pertes de matière picturale. L’oxydation et l’empoussièrement du vernis rendaient difficile la lecture de l’œuvre. Le châssis attaqué par les insectes xylophages, se devait d’être changé. La toile au revers montrait un empoussièrement prononcé et des traces d’auréoles dues à un dégât des eaux.

La toile a été retendue avant d’être remise provisoirement sur son châssis. Le restaurateur a refixé les soulèvements à l’aide de colle de poisson et a procédé au nettoyage superficiel. Le vernis a ensuite pu être enlevé progressivement.

Ont suivi les opérations de remise dans le plan des bords de la toile et de renforcement de la partie basse à l’aide de pontages fil à fil. Après avoir mis l’œuvre en extension sur une structure en aluminium, le restaurateur a pu nettoyer le revers.

Pour le traitement des déformations et le refixage général, il a installé l’œuvre sur la table chauffante basse pression, renforcé la toile originale par la pose au revers d’une toile polyester, avant de la remonter sur un châssis neuf.

Le restaurateur a pu ensuite se consacrer au travail des retouches. L’application du vernis a redonné à l’œuvre un aspect lisse et singulier.

Deux sculptures en plâtre

Deux plâtres, réalisés à près d’un siècle d’intervalle, ont été restaurés au cours du printemps/été 2017, dans l’atelier tourangeau de la restauratrice Delphine Bienvenut.

La Seine, œuvre allégorique de 1925, est un projet de décor pour le paquebot Ile de France. Ce haut-relief représente une femme nue tenant un bateau à voile d’une main et de l’autre un voile. L’artiste a signé P. Poisson sur le socle.

Religieux instruisant les enfants ou Laissez venir à moi les petits enfants, représente un groupe sculpté en ronde bosse. Près d’un personnage âgé, barbu, assis, portant un vêtement à capuche et tenant un Christ en Croix se tiennent deux enfants pieds nus. Une gourde dont la poignée est réalisée en véritable cordelette est posée au pied du religieux. Le nom de l’artiste Michel Pascal est gravé au revers.

Rouget de Lisle chantant la Marseillaise par Waléry Plauszewski

  • Le tableau Rouget de Lisle chantant la Marseillaise pour la première fois à Strasbourg chez le Maire de Dietrich le 25 avril 1792 par Waléry Plauszewski d'après Isidore Pils. Cette restauration a été financée par les quatre Lions Club de Niort. Dans le cadre d’un projet Musique et citoyenneté, les enfants de CM1 et 2 des écoles niortaises Paul-Bert, Jules-Ferry, Louis-Pasteur et Agrippa-d’Aubigné en ont suivi les différentes étapes. Le 10 mai 2017, ils découvraient l’oeuvre restaurée et son histoire.
  • 5 items, art islamique, collection Piet-Lataudrie
  • Portrait de femme en deuil, par Suzanne Baudia, huile sur toile
  • Portrait du préfet Dupin, par Pauline Goujon, huile/toile (réalisation d’un cadre)
  • Vue d’un port, effet de soleil couchant, parJan Karel Donatus Van Beecq, huile/toile. Cette restauration a permis d’attribuer l’œuvre
  • Le Rocher du moulin de Salboeuf et Vue de l’ancienne chapelle du château de Surimeau, par Achille de Montamy de Savignac, 2 huiles sur toile
  • Fin d’automne, bords du Doubs, par Marie Victor Emile Insenbart, huile sur toile
  • Portrait de Marie Leczinska, par Tocque, huile sur toile. Un cadre a été réalisé.
  • Berger Bergère, d’après F. Boucher (XVIIIème) huile/toile
  • Portrait de la Comtesse du Saillant, par Bernard d’Agesci, huile sur toile
  • Aquarelle dédiée à Pierre Marie Poisson, Combe Velluet
  • Montage de 4 dessins d’Escudier E. Audouin
  • Château de Mursay (aquarelle/papier vélin) 
  • Le tableau Le Donjon de Niort du peintre Benjamin Delavault (XIXe siècle) a été restauré d’octobre à décembre 2015 à l’atelier de restauration de peinture et d’arts graphiques de Niort.

En 2015, une étudiante à l’école supérieure des Beaux-Arts de Tours, Camille Leconte, a restauré un clastique d’anatomie de 1840, représentant un homme adulte en taille réduite (116 cm). Elle est intervenue dans le cadre de son diplôme national supérieur d’expression plastique, conférant grade de master, mention conservation-restauration. Elle a réalisé un important travail de fixage et de nettoyage de la polychromie, très sensible et cassante, redressé l’hémicorps droit, démonté et remonté 45 pièces.

L’écorché a retrouvé un aspect proche de l’état original. Il provient de la production du docteur Auzoux. Ce médecin normand a créé une entreprise de fabrication en série de modèles dédiés à l’apprentissage de l’anatomie comparée. Ses écorchés démontables illustrent la composition et le fonctionnement du corps humain, mais aussi ceux des animaux et des végétaux. Ils sont tous réalisés par un procédé de moulage en papier mâché avec une âme en « terre » (en réalité, un mélange de colle de farine, de carbonate de calcium, de papier, de filasse et de poudre de liège), puis peints avec de la colle d’esturgeon et des pigments.

En 2015, ont également été restaurés :

  • six autres œuvres picturales
  • des cadres
  • des objets en fer découverts à Bessines en 2008
  • un éléphanteau d’Afrique naturalisé
  • un ensemble de montages ostéologiques
  • un ensemble de spécimens naturalisés de la donation Maurice Rougier
  • deux plats d’art islamique, XIIIe et XIVe siècles et un coffret en émail dit de Venise, provenant des collections Piet-Lataudie